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Le label Cittaslow lutte pour le slowfood

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Le label Cittaslow lutte pour le slowfood

La lenteur comme art de vivre. Tel est le leitmotiv du label Cittaslow, créé en 1999 par Paolo Satumini, alors maire de Greve in Chianti, en Toscane (Italie). Aujourd'hui, 200 villes à travers le monde brandissent bien haut le logo en forme d'escargot de ce label, dans le but de promouvoir une vie plus saine, plus « lente » et plus respectueuse de l'environnement.

Pour obtenir la distinction Cittaslow, les communes doivent répondre à au moins la moitié des 71 critères exigés par l'association. Parmi les éléments cruciaux de cette philosophie figurent l'alimentation et la restauration, sujets au cœur des préoccupations des villes labellisées. « Nous ne sommes pas opposés à certaines entreprises par principe ou par idéologie, mais de notre point de vue, l'alimentation de type fast food est complètement erronée, tant pour l'économie locale que globale, et ceci à moyen terme », explique Pier Giorgio Oliveti, secrétaire général de l'association. « C'est une mauvaise chose d'imposer une façon unique de se nourrir à travers le monde. Ce n'est pas viable d'un point de vue énergétique et sanitaire. »

Bien évidemment, les communes engagées dans ce label ne peuvent pas interdire aux chaînes telles que Mc Donald's ou Starbucks de s'implanter. Cependant, elles peuvent mettre en place des solutions pour contre-carrer les firmes internationales. C'est le cas à Blanquefort, en Gironde (15 000 habitants) qui compte un Mc Donald's mais multiplie les actions en faveur de la gastronomie locale avec la création d'un atelier de cuisine nomade, un festival « Toques de rue », des produits bio dans les cantines scolaires ou des cours de cuisine destinés aux jeunes pour réaliser des hamburgers bios.

« La charte Cittaslow n'interdit pas la restauration rapide proprement dite, elle insiste plutôt sur la qualité de la matière première. Notre avis est qu'il faut un juste équilibre et répondre à tous les besoins tout en impulsant une politique en faveur du bien-manger. Il est impossible de tout interdire, et ce serait contre-productif », estime Fabienne Bidalot, chef de cabinet du maire, dans les colonnes des Inrocks.

La commune de Segonzac, en Charentes, arbore également le label Cittaslow. Cette commune de 2.300 habitants a, entre autre, construit un marché de producteurs locaux afin d'obtenir « une croissance raisonnée, sortir de la consommation abrutie des zones commerciales ». Cependant, l'engagement « slow » ne date pas d'hier pour la petite ville productrice de cognac. Cet alcool « nous a donné une culture de la lenteur : la vigne, le vieillissement en fûts, cela apprend un rapport au temps particulier », explique Colette Laurichesse, adjointe au maire, au Monde. Le cognac est aussi l'occasion de mettre en valeur compétences et productions locales : plus petite cité universitaire de France, Segonzac héberge l'Université internationale des eaux-de-vie et boissons spiritueuses et le Centre international des eaux-de-vie, sans oublier l'Institut français de la vigne et du vin.

« Cittaslow est une forme de résistance active qui doit nous permettre d’éviter la destruction de nos identités tout en étant équitable et en préservant la justice sociale »  affirme Pier Giorgio Oliveti, avant de conclure : « C’est possible. Nous en sommes la preuve vivante ».

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