Blog

Point de vue

Hélène Darroze : La Gastronomie au Féminin

par FDL le

Share
Facebook Twitter ShareAddThis
Hélène Darroze : La Gastronomie au Féminin
Photo Hélène Darrozze / Crédits : Presse Pascale Venot

Hélène Darroze vient de recevoir le Prix Veuve Clicquot de la Meilleure Femme Chef du Monde. Partageant sa vie entre Paris et Londres, où elle a un restaurant dans chaque ville, elle conjugue sa vie au féminin dans un milieu très masculin. Portrait d’une cheffe aux valeurs très féminines.

Avec cette reconnaissance, Hélène Darroze succède à des chefs femme du monde entier, notamment à la Française Anne-Sophie Pic de la Maison Pic et à la brésilienne Helena Rizzo du restaurant Mani à qui le Prix avait été décerné l’année dernière.

Native des Landes et issue d’une famille de cuisiniers, Hélène Darroze monte à Paris à l’âge de 32 ans pour ouvrir son restaurant au cœur de Saint-Germain des Près. Sa table sera très vite reconnue des professionnels. Quelques années plus tard, elle relève le défi de remettre la gastronomie française au menu du prestigieux Connaught Hôtel en plein cœur de Londres. Auréolée d'une étoile pour son établissement parisien et de deux étoiles pour sa table londonienne, Hélène Darroze partage sa vie entre la rue d’Assas et Mayfair. C’est à ses équipes respectives, qu’elle a dédié sa distinction : « Bien que le Prix Veuve Clicquot de la Meilleure Femme Chef du Monde soit une récompense pour moi, c’est également une récompense pour mon équipe au Connaught à Londres et à Hélène Darroze à Paris. »

Cette reconnaissance attribuée chaque année par The World’s 50 Best Restaurants, en partenariat avec Veuve Clicquot, est le résultat d’un vote de près de 900 critiques et personnalités de la haute cuisine internationale. Jean-Marc Gallot, le président de la Maison de Champagne Veuve Clicquot qui est depuis longtemps engagée dans l’émancipation des femmes a déclaré : «Nous sommes ravis d’accorder à Hélène Darroze le Prix Veuve Clicquot de la Meilleure Femme Chef du Monde. Son travail et sa passion inépuisables, entre Paris et Londres, incarnent véritablement l'esprit du prix, et nous sommes impatients de voir son excellence se prolonger dans les années à venir. »

Son excellence, Hélène Darroze la tire de ses valeurs. Le respect avant toute chose. Celle de ses équipes, des producteurs, du produit, des saisons et du savoir-faire qu’elle a appris depuis toute petite. L’équilibre que l’on ressent dans sa cuisine. Une cuisine à la croisée des chemins entre tradition et modernité, audace et raffinement. Une cuisine qu’elle même qualifie de très féminine. Dans une interview accordée au magazine Madame Figaro, elle déclare « Je suis quelqu'un qui cuisine avec ses émotions et son instinct, et je pense que c'est très féminin. Sur ce que je ressens, je mets une technique”. La justesse. Dans interview, à la question « En quoi ce prix est-il important pour vous, pourquoi distinguer les femmes chefs ?”, elle répond : « À dossier égal, je prendrais plus facilement la femme, pour lui donner la chance qu'on ne lui donnera peut-être pas ailleurs. » La générosité, ensuite. Avec ses amies, avant tout, à qui elle a dédié son livre inititulé Les Recettes de mes Grands-Mères, dont elle parle merveilleusement dans cette même interview et dans laquelle elle confie en toute simplicité « Cuisiner n’est-il pas le meilleur moyen de partager et d’aimer ? ». Mais aussi au travers de l’association qu’elle a créée, « la Bonne Etoile » qui vient en aide aux enfants défavorisés du Vietnam.

Mais pour arriver à cette conscécration, Hélène Darroze reconnaît avoir fait des sacrifices. « J'ai été maman assez tard, à 40 ans. J'ai eu deux étoiles à 32 ans, il a fallu beaucoup travailler pour y arriver. » Décorée de la médaille de Chevalier de la légion d’honneur en 2012, elle fait également partie depuis le début de l’année du jury de l’émission Top Chef.

Son prix lui sera remis le 1er juin 2015 à Londres. Pour elle, cette distinction ne peut être que favorable à la féminisation du métier.

 

Tags