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Stéphane Jégo : "Une réouverture le 15 juin signera notre arrêt de mort"

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Stéphane Jégo : "Une réouverture le 15 juin signera notre arrêt de mort"
Photo INSTAGRAM L'AMI JEAN

Depuis le début de la crise sanitaire, Stéphane Jégo est très engagé pour la défense du secteur de la restauration. Le chef de L'Ami Jean à Paris est en effet à l'initiative d'une pétition réclamant le soutien des assurances aux entreprises, mais également l'auteur d'une lettre ouverte appelant tous les chefs d'entreprises à "agir à l'unisson".

Ce 23 avril, Stéphane Jégo s'est de nouveau exprimé, cette fois-ci sur sa page Instagram, pour donner son avis sur la possible réouverture des restaurants le 15 juin prochain qui, selon lui, serait "une faute grave, un coup fatal pour la grande majorité d'entre nous". Le restaurateur va plus loin en certifiant que cette réouverture, précipitée selon lui, signerait l"'arrêt de mort" de nombreux professionnels.

Dans son post, il fustige la lettre ouverte du Collège Culinaire de France signée par 17 grands chefs (d'après nos informations, en réalité, tous ne l'ont pas vraiment signé) qui est "une preuve d'un manque de responsabilité sanitaire, économique et sociale." D'après lui, ces chefs auraient pris la "décision de vouloir rouvrir le 15 juin, sans se soucier des 95% que représentent les bistrots, brasseries, cafés du coin..." "Leur préoccupation n'est pas celle du collectif", assure-t-il.

Découvrez le message complet de Stéphane Jégo ci-dessous : 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une réouverture le 15 juin signera notre arrêt de mort. . Dix-sept grands chefs ont pris la décision de vouloir rouvrir le 15 juin, sans se soucier des 95% que représentent les bistrots, brasseries, cafés du coin…. . « Rouvrir au plus vite », comme le demandent les 17, est une faute grave, un coup fatal pour la grande majorité d’entre nous. Leur préoccupation n’est pas celle du collectif. . Cette lettre est une preuve d’un manque de responsabilité sanitaire, économique et sociale. Vouloir faire revenir dans un endroit exigu des clients – qui ne viendront pas – avec un personnel qu’il faudra payer… Mais sans revenu. . Nous avons tous envie de voir revivre nos restaurants, mais à quel prix ?. . Qui pourra assumer, les charges de personnel, les charges fixes, les charges de distanciation sociale avec, au mieux, 25% de la clientèle ? Et vous savez combien coûte un masque ??? . Les hôtels, et les restaurants triplement étoilés qui y sont rattachés, font pression pour rouvrir le 15 juin. C’est compréhensible. Ils veulent sauver la saison estivale. Mais elle est morte. . Où sont les clients ? Quel touriste nourri aux infos en continu prendra l’avion cet été sans vaccin et sans traitement ? . Que vont devenir les 10,2 millions de chômeurs partiels ? Vous pouvez, vous, assumer les salaires ? Et les licenciements ? Humainement et économiquement ? Rouvrir trop tôt, sans aucune garantie, serait une erreur humaine et économique. . Je vous parle de la catastrophe en terme de fréquentation. Je n’oublie pas celle de la propagation. Si la deuxième vague, annoncée par les scientifiques arrive, les restaurants seront montrés du doigt. . Nos établissements sont en sommeil. Préparons ensemble le réveil sanitaire et économique. . Il me semble pour cela essentiel... 1 – Prise en charge par les assurances des salaires et des loyers pendant trois mois à partir de la réouverture de nos établissements via un fonds dédié aux pertes d’exploitation. 2 – Suppression par l’État des charges salariales pendant trois mois après la reprise. . . #restaurant #restaurantparis #coronavirus #covid19 #covid19france #sauvonsnosentreprises #restoensemble

Une publication partagée par L’Ami Jean 🔪Stéphane Jégo (@l_ami_jean) le

"Une réouverture le 15 juin signera notre arrêt de mort.

Dix-sept grands chefs ont pris la décision de vouloir rouvrir le 15 juin, sans se soucier des 95% que représentent les bistrots, brasseries, cafés du coin…

« Rouvrir au plus vite », comme le demandent les 17, est une faute grave, un coup fatal pour la grande majorité d’entre nous. Leur préoccupation n’est pas celle du collectif. . Cette lettre est une preuve d’un manque de responsabilité sanitaire, économique et sociale. Vouloir faire revenir dans un endroit exigu des clients – qui ne viendront pas – avec un personnel qu’il faudra payer… Mais sans revenu. 

Nous avons tous envie de voir revivre nos restaurants, mais à quel prix ?

Qui pourra assumer, les charges de personnel, les charges fixes, les charges de distanciation sociale avec, au mieux, 25% de la clientèle ? Et vous savez combien coûte un masque ??? 

Les hôtels, et les restaurants triplement étoilés qui y sont rattachés, font pression pour rouvrir le 15 juin. C’est compréhensible. Ils veulent sauver la saison estivale. Mais elle est morte. 

Où sont les clients ? Quel touriste nourri aux infos en continu prendra l’avion cet été sans vaccin et sans traitement ? 

Que vont devenir les 10,2 millions de chômeurs partiels ? Vous pouvez, vous, assumer les salaires ? Et les licenciements ? Humainement et économiquement ? Rouvrir trop tôt, sans aucune garantie, serait une erreur humaine et économique.

Je vous parle de la catastrophe en terme de fréquentation. Je n’oublie pas celle de la propagation. Si la deuxième vague, annoncée par les scientifiques arrive, les restaurants seront montrés du doigt. 

Nos établissements sont en sommeil. Préparons ensemble le réveil sanitaire et économique.

Il me semble pour cela essentiel…

1 – Prise en charge par les assurances des salaires et des loyers pendant trois mois à partir de la réouverture de nos établissements via un fonds dédié aux pertes d’exploitation.

2 – Suppression par l’État des charges salariales pendant trois mois après la reprise."

Un point de vue partagé par Victor Mercier, chef du restaurant FIEF, mais opposé à celui du chef triplement étoilé Yannick Alléno

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