Plat emblématique de la cuisine bourguignonne, les œufs meurette reposent sur une apparente simplicité : un œuf coulant, une sauce au vin rouge et une garniture généreuse. Mais derrière cette recette se cachent quelques détails qui peuvent faire toute la différence. À Grâne, dans la Drôme, le chef Sébastien Bonnet en propose sa propre interprétation au Len’K, la partie bistrot de la Maison Bonnet, aux côtés du Kléber, son restaurant gastronomique étoilé. Installé dans son village natal, le chef y défend une cuisine de saison et des bases classiques, travaillées avec des produits soigneusement sélectionnés.
Voici ses conseils pour reproduire chez soi une meurette généreuse, équilibrée et surtout bien maîtrisée.
1. Choisir des œufs très frais et maîtriser le pochage
Pour commencer, tout repose sur le choix des œufs. Sébastien Bonnet privilégie des œufs fermiers frais, achetés si possible auprès d’un petit producteur local. À défaut, il conseille des œufs plein air ou bio, de calibre moyen, autour de 60 à 80 g.
Au restaurant, le chef opte pour une cuisson différente du pochage traditionnel : il prépare des œufs parfaits, cuits à la vapeur à 63 °C pendant 43 minutes, puis immédiatement refroidis dans une eau glacée. Ils sont ensuite conservés au frais et réchauffés au début du service dans un thermoplongeur à 50 °C maximum, afin de ne pas poursuivre leur cuisson.
À la maison, mieux vaut toutefois revenir à la technique classique du pochage. « On met du vinaigre dans l’eau, surtout pas de sel, qui ferait délayer le blanc », explique le chef. L’eau ne doit d’ailleurs pas bouillir : une température d’environ 90 °C suffit.
Cassez ensuite l’œuf dans un ramequin. À l’aide d’une cuillère, créez un tourbillon dans l’eau avant d’y verser délicatement l’œuf : le mouvement va aider le blanc à s’enrouler autour du jaune. Comptez environ trois minutes de cuisson avant de transférer l’œuf dans une eau glacée pour stopper immédiatement la cuisson.