Le nigiri est sans doute l'une des préparations les plus épurées de la cuisine japonaise… mais aussi l'une des plus techniques. En apparence, il ne s'agit que d'un morceau de riz surmonté d'une tranche de poisson cru. Pourtant, je peux vous assurer que chaque détail fait toute la différence : la cuisson du riz, son repos, la découpe du poisson, l'épaisseur de chaque tranche ou encore le temps de marinade. Quelques secondes ou quelques millimètres peuvent complètement changer l'équilibre de la bouchée.
Depuis mon arrivée aux cuisines de La Grotte, à Ramatuelle, j'aime proposer ma propre interprétation du nigiri, avec un riz croustillant qui contraste avec le fondant d'un beau thon rouge. Aujourd'hui, je vous partage les gestes que j'applique chaque jour en cuisine et que vous pouvez facilement reproduire chez vous.
1. Tout commence la veille avec le riz
Pour moi, le riz est la véritable base du nigiri. S'il est mal préparé, le reste ne pourra jamais rattraper le résultat. J'utilise un riz rond spécial sushi, que je cuis à l'étouffée avant de le refroidir rapidement entre deux plaques. Ensuite, je le mets sous presse toute une nuit au réfrigérateur. Cette étape est essentielle : elle permet au riz de se compacter et de garder une belle tenue lorsqu'il sera découpé puis frit. Si le riz n'est pas suffisamment pressé, les cubes vont s'effriter. À la maison, inutile d'avoir du matériel professionnel. Deux assiettes ou deux boîtes hermétiques, avec un poids dessus - une brique de lait par exemple - feront parfaitement l'affaire.
2. Le choix du thon est important… mais sa découpe l'est tout autant
Je privilégie toujours une belle longe de thon rouge de Méditerranée, tendre et peu nerveuse. Mais un excellent poisson ne suffit pas. La découpe est tout aussi importante. Je recommande une épaisseur d'environ 8 millimètres. Une tranche trop fine disparaît en bouche. À l'inverse, si elle est trop épaisse, elle prend le dessus sur le riz et l'ensemble perd son équilibre.
J'ai aussi adopté un geste que l'on retrouve chez les sushi-men japonais : je garde toujours une lavette humide à côté de ma planche. Entre chaque tranche, je nettoie et j'humidifie la lame de mon couteau. L'eau crée une fine pellicule qui permet à la lame de glisser sans accrocher la chair du poisson.
Enfin, utilisez un couteau parfaitement aiguisé et suffisamment long pour réaliser chaque tranche en un seul mouvement, du talon jusqu'à la pointe.